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  • La Mémoire du Monde

Club Lecture 2

Vendredi 3 Juin aura lieu notre troisième soirée d'échange livresque !

Petit retour sur la soirée précédente :




Le vendredi 6 mai 2022, nous étions 20 présents pour la seconde rencontre du club littéraire.

Une soirée fort conviviale d’échanges enrichissants autour des livres choisis par Fred, Christian, Francis, Jo, Angèle, Claude, Raphaël, Laurence, Nicole, Élisabeth, Évelyne, Florian, Michèle, Jacky et Miguel.

Livres présentés (Animation et compte rendu par Miguel et Michèle) :

1/ Nicole : Anéantir de Michel Houellebecq (janvier 2022- Flammarion)

Avec son le 8ème roman - 780 pages-, au titre provocateur, et très bien documenté, Houellebecq nous projette dans l’année 2027. Se mêlent, s’entremêlent, les drames de la vie intime, celle de Paul et Prudence, la politique, le quotidien d’une société occidentale, la fuite par le rêve, des attentats... Un grand thriller politique. Le récit ménage de nombreuses surprises, comme celle de l'apparition d'un avatar réaliste de Bruno Le Maire dont le personnage principal du roman est l'un de ses conseillers, Paul Raison, un haut fonctionnaire de 47 ans.

Le livre n’a pas de fin… On sent l’empathie de l’auteur.

Nicole a été emballée par le livre.

2/ Fred : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan de Laurent Perez (Éditions les Escales octobre 2021)

Ce livre dit la puissance de l’amour d’une mère juive séfarade, très protectrice pour aider son fils Roland, handicapé (né avec un pied bot). Avec acharnement, elle parviendra à le faire opérer. L’enfant devra rester alité de longs mois au cours desquels il découvrira le monde et apprendra à lire grâce à la télévision et surtout en écoutant la star préférée de la fratrie familiale : Sylvie Vartan. C’est lumineux, c’est plein d’humour, c’est attachant. Pour Fred c’est une lettre d’amour. Il en a parlé avec grande émotion.

3/ Laurence : Une éducation de Tara Westover (Lattès 2019)

Roman autobiographique qui dit le combat de Tara pour échapper à sa famille qui appartient à la secte des Mormons. Comment se construire, comment évoluer , comment devenir docteur en histoire, hors de la famille sans la trahir ? Une expérience singulière, un témoignage édifiant, d’une grande force.

4/ Raphaël : Les Guerriers nus de Jean-Marie Lamblard (Imago 2005)

L’auteur, né à Tavel en 1938, devenu inspecteur général du Théâtre nous livre un récit épique qui oppose les Celtes, ancêtres du peuple provençal, ceux qui allaient combattre nus, aux Grecs installés à Massalia, l’antique Marseille. Quelques colons grecs partis d'Orient fondèrent en terre ligure la ville de Massalia - la Marseille antique. Ces nouveaux venus d'une autre civilisation prospérèrent rapidement, suscitant dans la population environnante attirance et hostilité. Jusqu’au moment où les tribus alentours, gaulois ou celto-ligures ressentent cette présence comme invasive et décident de reprendre la main et de soumette la cité devenue puissante. Les Gaulois, de tradition orale imposent leur puissance par la guerre et le combat physique. Leur richesse se construit sur le pillage et la vénération de l’or. Les Grecs ont une autre approche fondée sur la littérature, le commerce.

Cette évocation romanesque nous est racontée avec une verve poétique et fait revivre avec beaucoup d’humanité ces guerriers redoutés défaits mais invaincus.

5/ Claude : Je m’appelle Asher Lev Chaïm Potok (1994 Buchet Chastel; 2007 10/18 )

Roman autobiographique. Tout jeune Asher est attiré par le dessin, au grand désespoir de son père très croyant qui estime que cette expression artistique est incompatible avec la tradition religieuse juive. Le jeune homme pourra néanmoins poursuivre sa vocation, s’épanouir grâce à son talent, exposer et devenir célèbre.

Un roman magistral sur les affres du génie artistique, bien souvent synonyme de déchirements culturels, spirituels et intimes

6/ Evelyne : Regarde les lumières mon amour de Annie Ernaux (2014 Seuil; 2016 Folio)

C’est un journal tenu par l’autrice entre 2012 et 2013, dans lequel elle consigne ses observations quand elle fait ses courses dans un supermarché, elle nous fait part de ses sentiments, de ses interrogations. Une analyse sociétale intéressante, ludique et originale. L’hypermarché est un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Sa fréquentation est très loin de se résumer à la seule corvée des courses. Dans le journal de ses visites, la romancière livre les sentiments mêlés, attirance mais aussi interrogations, que suscite en elle ce haut lieu de l’abondance. Manifestement le regard d’Evelyne a changé quand elle fait ses courses. Elle a su nous communique sa nouvelle approche.

7/ Florian : Une BD Le château des animaux scénarisée par Xavier Dorison et dessinée par Félix Delep, (Casterman 2018 et en cours pour les autres tomes à paraître)

Quelque part dans la France de l’entre-deux guerres, niché au cœur d’une ferme oubliée des hommes, le Château des animaux est dirigé d’un sabot de fer par le président Silvio… Secondé par une milice de chiens, le taureau dictateur exploite les autres animaux, tous contraints à des travaux de peine épuisants pour le bien de la communauté… Miss Bengalore, chatte craintive qui ne cherche qu’à protéger ses deux petits, et César, un lapin gigolo, vont s’allier au sage et mystérieux Azélar, un rat à lunettes, pour prôner la résistance à l’injustice, la lutte contre les crocs et les griffes par la désobéissance et le rire… Une série de BD fantastique, en contrepoint à La ferme des animaux d’Orwell. Ces fables animalières nous invitent à une multitude de réflexions ... L’ironie est la réponse à la violence, la résistance fait face à l’autoritarisme, à l’injustice … Ludique et très actuel !

Manifestement Florian est un fan !

8/ Jo : American Dirt de Jeanine Cummins (2018 Philippe Rey; 2022 10/18)

La fuite d'une mère et de son fils, mexicains, pour fuir un cartel de la drogue d’Acapulco après le massacre de plusieurs membres de leur famille . Ils vont intégrer la horde des migrants voulant passer clandestinement aux États-Unis. American Dirt raconte l’épopée de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d’avancer vers la frontière américaine. Un récit marqué par la force et l’instinct de survie de cette mère et de son enfant. C’est violent, réaliste fort en émotion ce que Jo a su nous transmettre avec force relayée par plusieurs participants qui avaient aussi lu le livre.

9/ Elisabeth : L’évènement d'Annie Ernaux (2000 Gallimard; 2001 Folio)

Deuxième ouvrage de la même écrivaine cette soirée.

Un récit autobiographique. Un épisode douloureux vécu lors de ses études universitaires. Une expérience initiatique de vie et de mort, d’humiliation en cette décennie 60, ou l’avortement constituait encore un délit. Un récit qui dit le traumatisme lié au mépris, aux tabous qu’il faut affronter, aux préjugés de classe.

Elisabeth a lu plusieurs passages du livre pour en montrer le style ciselé et évocateur.

10/ Francis : A l’orée du Verger de Tracy Chevalier ( 2016 Table Ronde; 2018 Folio )

Au XIX -ème siècle, la saga de pionniers paysans installés dans l’Ohio, qui tentent de faire pousser des arbres fruitiers dans des terres marécageuses, insalubres, ingrates à souhait. La fiction historique est décrite avec réalisme, humanité, c’est captivant.

Francis nous a raconté qu’il lisait chaque année ce roman et qu’à chaque fois il y puisait de nouvelles choses tant le récit est fort.

11/ Angèle : L’être et le néon de Jean-Marie Cassar (2022 Les Editions de Labadié)

Récit plein d’humour et pudeur et d’élégance. Hymne à la vie. Fragilité de la vie, chance d’être sur terre. Combat quotidien à l’hôpital dans une lutte contre le cancer (un lymphome)

12/ Christian : Les Rouges du Midi de Félix Gras (1896 épuisé)

Félix Gras, fervent républicain, né à Mallemort du Comtat raconte le cheminement d’un enfant né dans le Vaucluse, Pascalet, qui pour sortir de sa condition de paysan pauvre, va s’engager aux côtés des Marseillais pour renverser « le tyran ». La version du livre présentée par Christian est double : français et provençal Li Rouge dóu Miejour . La république reprendra le chant entonné pas ces hommes valeureux et qui depuis porte leur nom : La Marseillaise. Premier roman historique écrit en langue provençale, cet ouvrage connut un immense succès outre-Atlantique, avant même sa parution en France. A découvrir ou redécouvrir pour mieux comprendre du côté du peuple cette période de l’histoire de France et de notre Provence.

13/ Michèle Azincourt par temps de pluie de Jean Teulé (2022 Mialet Barrault)

Avec sa gouaille habituelle et une langue bien verte mais jamais obscène, Jean Teulé revisite une tragique et sanglante défaite historique en une pasquinade : Azincourt 1415, où la chevalerie française fut décimée. 6000 chevaliers tués ! Une lecture ludique et enrichissante car les faits historiques sont respectés. Avec la verve qu'on lui connaît et son sens du détail qui tue, Jean Teulé nous raconte ces trois jours dantesques où, sous une pluie battante, des milliers d'hommes se sont massacrés dans un affrontement sanglant d'autant plus désastreux que cette bataille était parfaitement inutile.

14/ Jacky : Marie-Claire de Marguerite Audoux (2019 Talents hauts)

Il y a peu d’écrivaines qui sont issues du milieu populaire, d’abord parce qu’on est une femme et puis pauvre c’est pas facile, ça semble mais c’est pas facile… il faut donc que vous lisiez Marguerite Audoux. Elle vient de nulle part et on est en 1910 !!! Orpheline, bergère, couturière, elle écrit dans un carnet sa vie… Un miracle d’intelligence et de sobriété, Son premier roman, Anne-Marie, est publié grâce à un ami d’Octave Mirbeau qui l’a présenté au maître es-découvreur de talents. (Les Impressionnistes, c’est lui mais aussi maints auteurs) Ce coup d’essai est un coup de maitresse puisqu’elle obtient le prix Fémina la même année… Vous savez ce que signifie « écrire merveilleusement » ? Ceux qui ont lu Marguerite Audoux le savent. Son biographe l’a comparée à Marguerite Duras, une autre Marguerite, précise-t-il… c’est faux … elle est incomparable. « Sœur Gabrielle était toute petite, vieille, maigre, et courbée ; elle dirigeait le dortoir et le réfectoire. Au dortoir, elle passait un bras sec et dur contre notre chemise et le drap, pour s’assurer de notre propreté, et elle fouettait à heure fixe, et avec des verges, celles dont les draps étaient humides. Au réfectoire, elle faisait la salade dans une immense terrine jaune. Les manches retroussées jusqu’aux épaules, elle plongeait et replongeait dans la salade ses deux bras noirs et noueux, qui sortaient de là tout luisants et gouttelants, et qui me faisaient penser à des branches mortes les jours de pluie » Faîte lui une place dans votre bibliothèque, elle prendra de la valeur…

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