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La Librairie a son club lecture !

Tout les premiers vendredi du mois.

Venez nous parler du dernier livre qui vous a emporté à chaque page... Chacun des participants pourra parler librement d’un livre qu’il aura lu récemment. Faites le nous connaître, partagez votre avis en essayant de donner envie à d’autres de le lire ♥

 

Un moment d'échange et de partage, Réservation à la librairie 15/20 places.

Seulement dix présentations de 8 minutes - suivi de discutions autour du verre de l'amitié...

– en partenariat avec Partages Culturels en Provence -

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Ce club lecture était dédie a la Journée des droits de la Femme. Une magnifique soirée !
Les onze livres présentés ont mis en évidence, chacun a leur manière, le combat des femmes pour
plus de liberté, de justice, d’égalité ainsi que leur rôle dans la société.

Livres présentés
Animation : Marlies / Compte rendu : Miguel Couralet et Michèle Robinet.


Miguel : Une farouche liberté, Gisèle Halimi, la cause des femmes - Annick Cojean - Steinkis
Cette biographique graphique raconte la vie et les multiples combats de Zeiza Gisele Elise Taï eb qui
deviendra la célèbre avocate féministe Gisèle Halimi (1927-2020).
Elle naït en Tunisie a La Goulette dans une famille juive séfarade. Sa mère ne l’aime pas alors que le
père éprouve une grande affection pour sa fille. Très tôt, elle se rebelle pour une juste cause : ne plus
être dans l’obligation servile de servir ses frères et pouvoir lire a sa guise. Premiers combats gagnes
grâce a une grève de la faim.
Elle devient bachelière, refuse a quinze ans un mariage arrange, obtient l'autorisation de poursuivre
ses études en France. Ce sera le droit, pour réaliser sa vocation, être avocate. Quand elle doit prêter
serment en déclarant qu’elle défendra les bonnes mœurs selon la formule consacrée, elle annonce
refuser de prononcer ces mots mais doit se plier a cette obligation bien a regret. Elle en fera un cheval
de bataille, plus tard, cette mention sera supprimée.
Un premier mariage de courte durée, un second dont elle conservera le patronyme de son époux
Halimi. Elle se remarie une troisième fois avec Claude Faux, secrétaire de Jean-Paul Sartre. Il sera son
grand soutien.
Gisele Halimi, c’est soixante-dix ans de lutte acharnée, de combats indéfectibles, de passions,
d’engagements au service de la justice, pour faire évoluer les droits, pour les femmes, les faibles, les
opprimes : elle défendra les indépendantistes tunisiens et algériens (militants du FLN), elle
combattra, souvent aux cotes de Robert Badinter, pour la liberté sexuelle, celle des femmes (droit aux
contraceptifs, a l’avortement et pour une répression du viol plus forte…), celle des homosexuels (Loi
Forni ), la partie politique, la dépénalisation de la peine de mort...
Une BD instructive qui a du sens. A lire et a offrir sans modération…


Isabelle : Le mythe de la virilité- Olivia Gazalé - Robert Laffont
Avec une forte détermination Isabelle a présente un livre choc : Le malaise masculin ressenti par
certains, pour réel qu’il soit, ne vient pas de la révolution féministe, si récente dans l’histoire de
l’humanité, mais de celle qu’Olivia Gazalé (philosophe, essayiste) appelle « la révolution viriarcale »
Cette révolution a mis fin au monde mixte qui a débute entre le 3eme et le 1er millénaire avant J.C.,
un monde tant oublie, ou les femmes avaient des droits et des libertés et ou le féminin était respecte
et même divinise.
Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l'homme a alors théorise sa supériorité en
construisant le mythe de la virilité qui a ainsi légitime la minoration de la femme et l'oppression de
l'homme par l'homme. L’idée centrale de cette domination est que la nature a crée deux pôles
diamétralement opposes : la femme par nature fragile, passive, irrationnelle, soumise et l’homme
naturellement fort, courageux, volontaire, dominateur. Le mythe de la supériorite mâle est devenu le
fondement de l'ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le gout
du pouvoir, l’appétit de conquête et l'instinct guerrier. Les injonctions sexistes telles « Sois un homme,
mon fils » (Rudyard Kipling), « Arrête de pleurer »..., qui entourent la virilité montrent que celle-ci
n'est pas innée, mais construite, elles asservissent les femmes, mais condamnent aussi l’homme a
réprimer ses émotions, a redouter l'impuissance et a honnir l'effemination, tout en cultivant le gout
de la violence et de la mort héroïque. Ainsi, l'homme s'est piège lui-même en devant sans cesse
prouver sa puissance, sa réussite sous peine d’être méprisé ou moqué en raison de son manque de
virilité. Pas de supériorité possible sans un autre inférieur a mépriser ou humilier.
Olivia Gazalé conclut que le modèle traditionnel de virilité est un modèle d’exclusion et de ségrégation.
La solution ? Elle ne peut venir que d’un changement de regard et plus radicalement de la
déconstruction des stéréotypes de ce système de domination tant du cote du dominant que du
domine car tous deux y sont intimement lies.
Un travail a mener conjointement entre les deux sexes.
C’est un essai, dense, foisonnant avec de nombreuses références étymologiques intéressantes,
superbement présente par Isabelle.


Olivier : Le Blé en herbe - Colette- Flammarion
Colette est une écrivaine très prisée par Olivier. Une femme moderne qui a su acquérir son
indépendance financière, sa liberté de vie par son travail d’écriture et ses différents métiers.
Publie en 1923, ce roman s’impose par son audace et son anticonformisme. Philippe, Phil, 16 ans,
et Vinca, 15 ans, sont amis depuis l’enfance, ils se retrouvent tous les ans, lors des vacances en
Bretagne dans une maison qui abritait jusqu’alors leurs jeux, leur insouciance, leur complicité.
Mais, cette année, l’enfance disparait laissant place a l’adolescence et a la découverte de la
sexualité et de la sensualité.
Phil va avoir une première expérience charnelle avec une femme séduisante bien plus âgée que
lui. Vinca devinera tout et pour sauver Phil, tente par le suicide, se donnera a lui. Elle deviendra
femme.
A partir de 1921, Colette, la quarantaine, va vivre une relation jugée scandaleuse avec son beau-
fils, Bertrand de Jouvenel, seize ans, l’age de Phil, alors que de son cote, son mari la trompe sans
complexe. Cette relation qui dure cinq années lui inspire le roman, en nourrit les thèmes et les
situations.
Le Blé en herbe c’est un hymne a la femme, celle que devient Vinca, a sa sensibilité délicate, a sa
générosité. C’est écrit avec pudeur, nuance, subtilité.
Olivier nous invite aussi a lire ou relire La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
d’Olympe de Gouges, l’une des pionnieres françaises du féminisme.


Sarah : On arrive dans la nuit - Marceline Loridan-Ivens – Flammarion
Le 13 fevrier 1944, Marceline, nee en 1928, adolescente, frondeuse, une tornade rousse, est
arrêtée avec son père, dans leur maison du Vaucluse a Bollene. Emprisonnée ( elle le sera dans
un premier temps a Avignon dans la prison Ste Anne) elle sera deportee d’abord a Auschwitz,
puis a Bergen-Belsen et Theresienstadt. Arrivee dans la nuit par le meme convoi que Simone Veil,
dont elle devient l’amie, elle connaît la barbarie, la faim, l’angoisse, les travaux forces, les cadavres
qui s’entassent... Dans ce témoignage recueilli a l’initiative de la Fondation pour la Mémoire de la
Shoah et de l’INA, en 2005, Marceline Loridan-Ivens raconte son quotidien inhumain dans les
camps, les souffrances individuelles, collectives ou chaque journée passée est un jour vole a la
mort. Un petit bout de femme, mais au caractère bien trempe qui fera tout pour paraître plus
grande et plus âgée afin d’échapper a la chambre a gaz.
Libérée a la fin de la guerre elle ne cessera de temoigner sur les événements vécus, dire l’indicible
horreur, combattre l’antisémitisme toujours vivace. Elle refusera d’être mère ne voulant pas que
ses futurs enfants revivent le drame qu’elle vécut et qu’elle estime devoir inexorablement se
reproduire.
C’est un récit sincère, un témoignage poignant sans langue de bois, c’est une lecture émouvante.


Laurence : Trencadis - Caroline Deyns- Quidam
Une biographie romancee, une sorte de documentaire original de Niki de Saint Phalle. Le livre est
fait d’eclats de vie, de fragments assembles racontes par Caroline Deyns, avec un style percutant
et foisonnant avec ses amours, ses failles, son art, comme un trencadis (espagnol trencar : briser,
du catalan facile a briser), un type de mosaïque a base d’éclats de ceramique, souvent recycle,
typique de l’architecture moderniste catalane, cher a Antonio Gaudi et Joseph Maria Jujol.
Des morceaux de vie, des tesselles de chaos et de bonheur, celles d’une femme ardente, d’une
artiste remarquable, iconoclaste, complexe, insoumise, originale, marginale féminine et féministe.
Un recit qui permet de mieux comprendre, dans le désordre, son talent colore, ses gigantesques
nanas callipyges, ses traumatismes venus de l’enfance (le viol par son père a 11 ans), sa profonde
dépression, ses tentatives de suicide, ses prises de risque, ses engagements pour le droit des noirs
americains, la libération des femmes du patriarcat, son militantisme au sein de l’association
AIDES.
Une présentation puissante, atypique, une plume ciselée. Une belle réussite parfaitement
racontée par Laurence très enthousiaste.


Didier : L ‘œuvre de dieu, la part du diable - John Irving- Seuil
En préambule, Didier tient a remercier Christian de lui avoir fait connaitre l’écrivain italien
Erri de Luca dont il avait ete question lors du club de lecture précédent.
Avec John Irving, nous nous trouvons immerges dans le Maine, dans les années 1930/1950.
Wilbur Larch, gynécologue gère un orphelinat et doit se livrer a une double mission : mettre au
monde des enfants qui seront abandonnes, de futurs orphelins, c’est " l'œuvre de Dieu " et
interrompre, en toute illégalité, des grossesses non desirees, c’est " la part du Diable ». Il se
prendra d’affection pour un jeune orphelin, Homer, qui grandira dans ce centre, faute de trouver
une famille d'accueil. Il deviendra médecin accoucheur, oppose a l’avortement. Pour lui, les
femmes devraient avoir le choix d'avorter ou non, mais lui a le choix de refuser de le faire lui-
même.
Didier nous lit un passage mettant en exergue ce dilemme :
« Si l'avortement était légal, tu pourrais te permettre de refuser - en fait, étant donné tes convictions,
tu devrais refuser. Mais tant que l'avortement est illégal, comment peux-tu dire non ? Comment
peux-tu te permettre un choix en la matière, alors que tant de femmes n'ont pas la liberté de choisir
elles-mêmes ? Les femmes n'ont aucun choix. Je sais que tu estimes cela injuste, mais comment peux-
tu - surtout toi, avec ton expérience -, comment peux-tu te sentir libre de refuser d'aider des êtres
humains qui ne sont pas eux-mêmes libres d'obtenir d'autre aide que la tienne ? Il faut que tu les
aides parce que tu sais comment les aider. Demande-toi qui les aidera si tu refuses. »
John irving, sans prendre parti pour ou contre l'avortement, nous invite a reflechir sur les
positions des deux camps. D'un cote, le Docteur Larch incarne le docteur désirant avant tout
respecter son serment : protéger, soigner, ce qui pour lui revient également a mettre fin a des
grossesses non desirees... de l'autre, Homer Wells, pour qui fœtus rime avec etre vivant.
Un gros roman, plus de 800 pages, qui parle d'amour, raconte avec émotion, humour. Un sujet
d’une brulante actualité. Un livre qui a passionne Didier.


Claude : les cellules buissonnières- Lise Barnéoud - PREMIER PARALLÈLE
Claude nous a présente un livre surprenant que lui avaient conseille nos libraires.
Lise Barneoud est une journaliste scientifique qui collabore régulièrement au Monde, a Science
vie... Nous sommes tous des chimères ! (en biologie, organisme constitue de deux ou plus rarement de
plusieurs variétés de cellules ayant des origines genetiques différentes)
Lorsque nous étions, fœtus, dans le ventre de notre mère, a une échelle plus ou moins importante,
se sont echangees des cellules entières entre elle et nous. Si elle a reçu de notre part des cellules
elle nous a potentiellement transmis non seulement les siennes, mais aussi celles qu'elle avait
peut-être reçues de sa mère, grand-mère, aïeule plus lointaine ou d'un fœtus précédemment. Ce
phénomène biologique révolutionnaire est appelé microchimerisme et vient bousculer les
limites de l’individu.
Dans certains cas, ces cellules « étrangères » qui passent de la mère au fœtus, peuvent venir
constituer tout ou partie d’un de nos organes, dont elles participent pleinement au
fonctionnement. Pour le meilleur (possibilités de greffes, de dons d’organes) ou pour le pire
(maladies orphelines...)
Une enquête riche et minutieuse, un excellent livre de vulgarisation scientifique qui offre une
lecture passionnante, de haut vol, mais qui devrait rester accessible et compréhensible pour le
commun des lecteurs. Avec toute sa pédagogie habituelle Claude a su parfaitement nous captiver.


Solange : Françoise - Laure Adler- Grasset
Une excellente et passionnante biographie de Françoise Giroud, une femme de tous les combats, pour
Solange un récit, nous dit en commençant Solange, bien meilleur que celle de Christine Ockrent
Françoise Giroud, une ambition française.
Le livre, bien documente, sans concession, raconte la vie de cette femme engagée qui sut se battre
dans un monde masculin celui du journalisme et du cinema, et imposer ses convictions, une vie faite
de bonheur et de drames (décès de son fils), de lumière, d’ombres, de failles (tentative de suicide
apres la rupture avec JJSS, envoi de lettres anonymes antisemites a son épouse...)
Un récit qui nous livre un éclairage particulier sur sa vie, femme de fer, pionnière dans le féminisme,
femme engagée (Action contre la faim, droit pour mourir dans la dignité…), femme fragile et complexe par bien des cotes, une femme qui a vécu tous les evenements de son epoque : L'Occupation allemande, la guerre d'Algerie, la fin de la IVe Republique, Mai 68, le gouvernement Giscard, celui de Mitterrand, les mouvements humanitaires, feministes, culturels. Elle fut nommee, la première, secretaire d’Etat a la condition feminine, puis secretaire d’Etat a la culture.


Jeannine : 7 femmes – Lydie Salvayre- Perrin
Jeannine nous livre la quatrieme de couverture de ce livre qui resume bien le livre.
« Sept femmes. Sept figures emblématiques de la littérature qui ont follement investi leur vie. Leur
relation à l'écriture est passionnelle, et, pour certaines d'entre elles, les a conduites au suicide.
Singulières et exigeantes, elles transcendent leur douleur personnelle dans l’œuvre. Leur rapport au
quotidien, qu'elles considèrent médiocre et sans intérêt, est vécu comme tragique. Mais ce "quotidien"
n'est-il pas aujourd'hui celui qui a marqué l'Histoire ? Celui du Paris d'avant-guerre, des Années folles,
de la Russie stalinienne… Comment retranscrire une œuvre au travers de la vie même de son auteur ?
Lydie Salvayre s'adonne à cet exercice de portraitiste en choisissant celles dont la lecture a marqué sa
vie et par là-même fécondé son œuvre : Emily Brönte (1818-1848), Colette (1873-1954), Virginia Woolf
(1882-1941), Djuna Barnes (1892-1982), Marina Tsvetaeva (1892-1941), Ingeborg Bachmann (1926-
1973) et Sylvia Plath (1932-1963).
Dérangeantes, scandaleuses, elles ont témoigné à leur façon du monde dont elles ont autant souffert
qu'elles ont contribué à la façonner… Leurs œuvres sont désormais des monuments littéraires. Lydie
Salvayre les fait revivre en écrivant leur histoire, leur beauté, leur démesure, leur rébellion mais aussi
leur côté sombre et leur désespérance. »
Ces sept femmes passionnees, sept ecrivaines combattantes, ont marque chacune leur temps de
façon indelebile, elles sont, et certains de leurs personnages aussi, pour Lydie Salvayre des modeles
et des inspirateurs / inspiratrices.


Marlies : Le portrait de mariage – Maggie O’ Farrell – Belfond
Cette britannique est l’une des auteures la plus traduite dans le monde qui met l’accent, dans ses
œuvres sur la psychologie de ses personnages.
Ce roman, fait d’analeptses et de prolepses, nous entraine dans la Renaissance italienne aux cotes de
Lucrece de Medicis, troisieme fille du duc de Toscane, Come 1er. Il raconte la naissance de Lucrece
jusqu'à son mariage avec le duc Alfonso II d’Este et ces moments que la toute jeune femme pense etre ses dernières heures.
Lucrece a pose pour le portrait de mariage, une image figée pour l’eternite. Maintenant, elle doit
donner un héritier a son époux polymorphe, aimable, avenant, autoritaire et cruel, sa vie en dépend.
Des les premieres pages, Lucrece, femme fragile et sensible, un tres beau personnage nous confie ses
craintes : son mari veut la tuer, voila deux ans qu’elle est mariée, elle n’est toujours pas mère. Cela se
fera quand, comment, ou ? Elle s’interroge et attend, car tel est son destin. Elle laisse parler son cœur.
Dans une note finale, l’auteure explique qu’elle a pris quelques libertés avec la réalité historique, mélangeant l'histoire de plusieurs jeunes femmes de l'époque.
Le portrait de mariage reste une histoire bien construite, aux accents féministes, qui raconte le
destin d’une femme opprimée, instrumentalisée des sa naissance, puisque sa seule utilité sera de
procréer. Une histoire romancée qui évoque elle aussi le mythe de la virilité.


Michèle : - La fille de l’ennemi public – Lelia Dimitriu. Grasset
C’est un livre écrit par une femme, Lelia Dimitriu, qui témoigne de sa vie de jeune femme, de son
ardente ambition de liberté, un récit qui se déploie comme une grande fresque historique.
Une autobiographie rédigée a 84 ans. Une entrée dans le monde des écrivains tardive qui n’est
pas anodine. Elle en prend l’initiative le 24 février 2022 le jour ou l’armée russe envahit l’Ukraine,
il lui faut rédiger ses souvenirs tous imprescriptibles, qu’elle gardait au tréfonds de sa mémoire,
car ressurgissent colère et dégout, deux sentiments ressentis lors de l’invasion russe de son pays
natal, la Roumanie.
Après les accords de Yalta de février 1945, la Roumanie subit le joug du régime stalinien. La
prospère societe de fabrique de meubles de son père Costa Cristu est nationalisée, la famille au
ban de la société devient miséreuse. Les gouvernements successifs d’Ana Pauker, de Gheorghe
Gheorghiu-Dej, Nicolae Ceausescu seront nefastes pour le pays mene a la baguette, voir a la
kalachnikov. Les conditions déplorables de la vie quotidienne, la privation de liberte et les
menaces constantes de la Securitate. L’emergence d’une nomemklatura maffieuse, les
apparatchiks incultes et incompétents, le renouveau de l’antisemitisme, donneront, tres tot a
Lelia l’envie de s’exiler pour la France et vivre a Paris.
Dans ce recit, elle deroule son enfance, sa jeunesse avec réalisme, humour, poésie, ses premiers
amours, dramatiques avec Milo Dragu, la confrontation a l’épreuve douloureuse de l’avortement,
ses choix de vie, son combat pour pouvoir quitter son pays natal asphyxie par la dictature. Enfin
a 28 ans, le 15 juin 1967, elle peut recommencer une nouvelle vie a Paris, obtenir un DEA,
travailler pour l’Institut national de recherche pédagogique. Etre LIBRE.
Un témoignage intéressant d’un point de vue humain et historique malgré quelques passages un
peu trop romances, l’écriture est alerte agréable, sincère.

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