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Rencontres et clubs lectures

Vendredi 8 Mars




Nous avons une 17eme soirée du club lecture un peu particulière :

Un peu plus tôt que d'habitude à 17h30 Nous recevons les éditions Entrelacées autour du livre Mots d'Elles, un livre à la croisé des chemins, une complicité poétique entre trois plumes et les dessins de modèle vivant... des femmes que l'on devine.

18h30 Notre habituel club lecture, mais thématique cette fois, pour la journée mondiale des droits des femmes, nous attendons des mots de femmes (d'elles) ou des écrits où leur place est au centre. Les éditions Entrelacées et ses auteur.ice.s y sont invitées.


Compte-rendu des clubs lectures précédents :





Club lecture 16

Animation : Olivier - Compte rendu : Michèle Robinet, Olivier Tissot, Miguel Couralet.

Treize fidèles et une nouvelle venue ont participé à cette soirée du club lecture du 2 Février :

Béatrice, Christian, Claude, Daniel, Isabelle, Jacky, José, Jules, Marlies, Micaela, Michèle, Miguel, Olivier, Pascale.

Douze livres ont été présentés, plusieurs « feel good » pour positiver et voir la vie plus lumineuse, d’autres pour voyager, au gré des récits, dans le temps et l’espace en Corée, Espagne, Irlande, Grèce, Russie, à Jérusalem, sur les hauts sommets himalayens.

Daniel : - La misère et la gloire- André Ropert (Armand Colin, réédition 2018)

L’auteur raconte de façon chronologique mille ans d’histoire, celle du monde de la Russie qui a fortement contribué à faire ce qu’est devenue l’Europe. Cet ouvrage de plus de quatre cents pages donne de nombreuses pistes pour mieux comprendre la situation actuelle de la Russie, ses ambitions, ses prétentions, ses illusions mais aussi saisir ses désillusions. Elles résultent de la spécificité même de ce vaste pays composite qui n’a pu se doter d’une identité commune  à cause des caractéristiques qu’il porte : religions, mosaïque de peuples, culture opposant l’élite et le peuple ...

Les rêves de gloire et d’hégémonie ne peuvent se concrétiser, le dépit de ses dirigeants grandit et s’accélère.Daniel se dit stupéfait de voir comment l’actualité est façonnée et heurtée par cette histoire millénaire. Elle se reproduit de siècle en siècle et de régime en régime.

Il recommande vivement ce livre indispensable pour comprendre la façon de penser russe, les réactions de ce pays et de ses dirigeants, …, et in fine, de mieux saisir et interpréter les évènements présents.

Jules : 1 - Histoire de Jérusalem - Vincent Lemire, Christophe Gaultier (Les arènes)

2 - Triste Tigre - Neige Sinno ( Editions P.O.L.)

1- Histoire de Jérusalem, un cadeau de Noël apprécié, une BD addictive, vivante, dense, excellemment documentée, écrite par Vincent Lemire, historien, directeur du Centre de recherche française de Jérusalem, et illustrée par Christophe Gaultier. C’est le résultat de 20 ans de recherches, de 6 ans de rédaction et d’illustration.

En dix chapitres classés par ordre chronologique, il raconte 4 000 ans d’une histoire universelle, celle de Jérusalem qui à l’origine était une petite bourgade isolée, perchée sur une ligne de crête entre Méditerranée et désert et qui aujourd’hui est une agglomération de presque un million d’habitants, focalisant l’actualité.

Scènes et dialogues proviennent de plus de 200 sources publiées et d’archives inédites. Le tout donne chair à ce récit choral.

4 000 ans d’une histoire universelle pour la première fois racontés dans une BD exceptionnelle.

2- Triste Tigre- Suite à la présentation de ce livre lors d’une soirée précédente, Jules a éprouvé le besoin de s’approprier cette lecture. C’est un témoignage personnel qui prend la forme d’un essai sur le viol, c’est ce qui rend ce livre particulièrement intéressant car il fait aussi un tour complet sur cette douloureuse situation. L’écriture est puissante et Jules recommande fortement cet ouvrage.

Isabelle : - Stupeur - Zeruya Shalev (Gallimard)

Nous restons en Israël.

Deux familles, liées par un homme, un ex-époux et un père d’une grande sévérité, voire violent. Deux femmes, Rachel, qui fut il y a 70 ans son épouse, une très vieille dame qui a participé, les armes à la main à la fondation de l’état d’Israël et Atara, cinquantenaire, sa fille qui, dans les premières pages du roman assiste son père agonisant. Dans les vies de ces deux familles, ces destins chaotiques et ces trajectoires, s’entrelacent la genèse et l’histoire douloureuse de ce pays.

Le titre peut s’expliquer par les thèmes développés dans le récit : l’amour, la filiation, la mort, le deuil, la religion, la guerre, les désillusions,…

L’écriture est forte, sombre, souvent tragique. Elle met en évidence les convulsions et les fractures de la société israélienne.

Une lecture qui ne peut laisser indifférent, un roman puissant qui fait écho à cette prégnante et tragique actualité.

Micaela : - Ensemble c’est tout - Anna Gavalda (J’ai lu)

L’histoire de Paulette, Camille, Franck et Philibert. Paulette, âgée, vit seule et n’est plus apte à rester chez elle ; elle va se retrouver en maison de retraite. Franck, son petit-fils cuisinier, lui rend régulièrement visite. Celui-ci cohabite dans un grand appartement avec Philibert, l’aristocrate. Camille, jeune femme à la fibre artistique, vit misérablement dans une chambre de bonne sous les toits dans le même immeuble. Ces personnages, un peu paumés et solitaires, poursuivent leur vie. Mais le destin va s’emmêler joyeusement pour les rendre solidaires .

Un livre de 600 pages. Il faut parfois se concentrer sur la lecture pour avancer dans l’histoire et ne pas en perdre le fil, mais c’est une belle découverte (l’adaptation cinématographique réalisée par Claude Berri est aussi une réussite). L’amitié, la tendresse, la solidarité, l’humour sont des valeurs mises en exergue dans ce roman.

Didier : - Les douleurs fantômes - Mélissa Da Costa (Le Livre de Poche)

Les douleurs fantômes fait suite à Je revenais des autres, mais peut se lire seul.

Rosalie, Gabriel, Tim, Anton et Ambre furent amis. Après un drame, ils se sont éloignés les uns des autres. Ils vont se retrouver cinq ans après. Ces retrouvailles vont permettre de faire le point sur la vie de chacun d’entre eux, raviver leurs souvenirs, leurs douleurs, mais aussi leurs certitudes.

Les nombreux dialogues qui jalonnent le récit ont permis à Didier d’être étroitement et émotionnellement aux côtés des protagonistes, touchants.

Les thèmes développés sont nombreux : la violence faite aux femmes, le handicap et son accompagnement, l’attitude et la responsabilité des aidants, la résilience, l’enfance, le deuil ... 

Béatrice : - La vie heureuse - David Foenkinos (Gallimard)

Eric et Amélie étaient scolarisés dans le même lycée. Par le biais de Facebook, il se retrouvent. Lui est cadre dans une enseigne commerciale d’équipements sportifs , elle est directrice de cabinet du secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. Amélie sollicite Eric pour travailler au sein du gouvernement. Las de sa vie actuelle, il accepte et ils partent donc ensemble à Séoul pour une mission professionnelle. C'est là qu’Éric va faire une expérience étonnante : suivre un stage permettant de mettre en scène sa propre mort, de simuler ses funérailles, pratique thérapeutique coréenne courante. Cette expérience va lui permettre, en portant une réflexion sur sa propre mort, de l’amener à une nouvelle vie.

La fin du roman a cependant laissé Béatrice un peu sur sa faim ! 

Christian : - Sur les traces de Nives - Erri de Luca (Gallimard)

Erri De Luca accompagne la célèbre alpiniste italienne Nives Meroi dans l'une de ses expéditions himalayennes. Réfugiés sous la tente en pleine tempête, à 8000 mètres d’altitude, ils engagent, par une nuit d’insomnie une longue conversation. Les récits d'altitude de la jeune femme sont une trame sur laquelle Erri de Luca va appuyer ses réflexions sur son parcours de vie à la fois humain et littéraire, et sur ses souvenirs. C’est un livre qui permet de s’interroger sur le dépassement de soi, sur la solitude qui permet de mieux se retrouver et sur le rôle effectif des sherpas souvent oubliés dans la conquête et la victoire des sommets.

A la fois vivifiant, poétique, et philosophique, d’une lecture aisée, cet ouvrage a renvoyé Christian à un livre lu dans sa jeunesse, écrit par Edmund Hillary, l’alpiniste néo-zélandais ayant vaincu le premier l’Everest en 1953 : Au sommet de l’Everest.

Marlies : - La bonne chance - Rosa Montero (Métailié)

Qu’est-ce qui pousse un cinquantenaire, architecte de renom international, à descendre d’un train, à rebrousser chemin, au lieu de poursuivre sa route pour donner la conférence où il est attendu et de vouloir avec acharnement acheter un appartement sordide dans un village minier lugubre ? Dans ce lieu sinistre, Pozzonegro, cet homme, Pablo, fait la connaissance de différentes personnes, dont un notaire un peu filou, et une femme d’origine roumaine, Raluca, un peu déglinguée. Peu à peu, se dévoile le secret de cet homme qui fuit (mais que fuit-il ?).

Ce livre est un fin thriller à la fois policier et psychologique, une histoire d’amour rafraîchissante, un bon moment de lecture addictive.

Claude :1 - Le roi Amoureux - Philippe Casassus (L’Harmattan)

2 - Le crime c’est l’argent - Petros Markaris (Cambourakis)

1 - Le roi amoureux

Philippe Casassus, professeur émérite de Thérapeutique et docteur en Histoire, nous offre une biographie historique romancée, et bien documentée, du roi Philippe 1er, arrière-petit-fils d’Hugues Capet, un monarque relativement peu connu, malgré l'un des plus longs règnes de l'histoire de France (48 ans). Cet ouvrage raconte les dernières années de sa vie, notamment après qu’il ait répudié sa femme, et volé la femme de l’un de ses vassaux. Le récit est émaillé, comme un roman d’aventures, d’enlèvements, de tentatives d’assassinat, de conflits avec la papauté, de guerre avec les Anglais.

2 - Le crime c’est l’argent

Claude, une fois de plus, nous fait voyager avec des romans policiers ; après Cuba, nous voilà en Grèce.

Nous sommes à Athènes, et la Grèce est toujours confrontée à une crise économique de grande ampleur. Deux investisseurs (un chinois et un arabe du Golfe - ils sont bien présents en Grèce) sont assassinés. Politiques et financiers s’affolent. Le célèbre commissaire Charitos est chargé de l’enquête.Avec ce nouveau roman, loin des clichés touristiques, l’auteur évoque la vie quotidienne de la capitale plongée dans ce marasme qui perdure, même si les médias en parlent peu ou plus du tout.

 Michèle : - Mon traître - Sorj Chalandon (Le livre de poche)

C’est grâce à Isabelle qui nous avait présenté en décembre le Quatrième mur que Michèle s’est intéressée à ce roman.

Sorj Chalandon se saisit de faits réels qui l’ont gravement impacté et affecté dans sa vie professionnelle de journaliste et qu'il travestit dans un roman. Il raconte son amitié avec Denis Donaldson qu'il met en scène de façon originale.

Le traître, dans la fiction, c’est Tyrone Meehan. Le narrateur Antoine ( Tony) est un luthier qui s’éprend, de façon irrationnelle et inconditionnelle, de la cause des catholiques irlandais opprimés et humiliés par les royalistes et l'armée britannique. Il s’immerge lentement, irrésistiblement, dans leur monde, adopte leurs rites. Tyrone Meehan un officier héros de l'IRA, emprisonné plusieurs fois et libéré, devient dans un premier temps son mentor, son guide, jusqu’à ce que celui-ci soit démasqué comme traître à la solde des anglais.

C'est un roman puissant, magistral, qui nous transporte en Irlande, dans l’humanité des misérables ghettos catholiques. Il dit la force de la fraternité, de l’amitié vibrante et de la confiance. Tout ceci cependant se fracasse soudainement : foudroiement de la déloyauté, honte de la trahison, tragédie de la guerre.Michèle a pour ce livre un coup de cœur intense, douloureux . Sentiments partagés par plusieurs participants de la soirée qui ont aussi lu ce récit.





Club lecture 15

En ce premier jour de décembre, à l’extérieur, un froid hivernal, dans la librairie, une amicale et chaleureuse ambiance avec onze fidèles participants : Béatrice, Christian, Claude, Isabelle, José, Jules, Laurence, Marlies Michèle, Miguel, Olivier, dix livres ont été présentés.

Animation : Miguel Couralet, Compte rendu : Michèle Robinet et Miguel Couralet,


1/ Christian : « La dernière partie de cartes » , Mario Rigoni Stern. L’ultime livre de l’auteur décédé en 2008, une des meilleures ventes en Italie lors de sa parution en 2002. Mario Rignoni Stern s’enrôle en 1938 à 17 ans, par amour de la montagne, dans les chasseurs alpins et durant la Seconde Guerre mondiale participe aux côtés des Allemands aux campagnes meurtrières en Grèce, Albanie et en Russie face à l’Armée rouge. Il se remémore sa vie de soldat, décrit le vécu d’un quotidien difficile, prend peu à peu conscience des atrocités de la guerre , de son engagement et de sa responsabilité de soldat dans une armée fasciste. Il se dessille, ses illusions s’envolent peu à peu. Il n’était rien qu’un homme qui, parmi des millions d’autres hommes, combattait très loin de chez lui dans la guerre la plus horrible que les étoiles aient vue depuis qu’elles existent. Il raconte, se raconte, avec des mots justes et sobres. Petit recueil de souvenirs poignants et sans complaisance, d’une forte portée, qui fait écho à notre sombre actualité. ​

2/ Olivier : « Traité d’ athéologie », Michel Onfray. Olivier qui avait annoncé lors de la dernière séance qu’il était en train de lire le livre de Michel Onfray « Traité d’athéologie » a souhaité nous le présenter rapidement. Cet essai philosophique de 315 pages, publié en 2005 est constitué de quatre parties : (1) Athéologie (2) Monothéismes (3) Christianisme (4) Théocratie. Le très médiatique Michel Onfray, avec sa verve particulière, féroce et provocante dresse, en les déconstruisant, le portrait des religions depuis leur genèse jusqu’à nos jours. Elles sont, selon lui, génératrices d’illusions. Olivier nous a expliqué que comme tous les livres d’Onfray l’ouvrage est bien documenté, accessible, les exemples sont nombreux. Pour Olivier c’est une « bonne » analyse qui invite et stimule chacun à la réflexion, quelques soient ses convictions.

3/ Béatrice : « L’ami arménien », Andreï Makine. C’est l’histoire nostalgique, puissante et tragique d’une amitié adolescente entre un jeune russe orphelin (Makine, de toute évidence) et Vardan si fragile et si mature porteur de la maladie arménienne. Le narrateur est accueilli chaleureusement au sein de cette petite communauté arménienne du « bout du diable » aux confins de la Sibérie, venue du Caucase pour être plus proche et soutenir les membres de leurs familles arrêtés et incarcérés pour subversion séparatiste et anti-soviétique.. Il y rencontrera de merveilleuses personnes. Un livre qui ne peut laisser indifférent. Au départ Béatrice a rencontré quelques difficultés pour s’adapter au style académique de Makine. Mais cette autofiction publiée en 2021 reste pour elle un coup de cœur par ses passages poétiques, l’émotion qui s’en dégage et cette leçon de vie magique. D’autres participants de la soirée littéraire qui avaient lu le livre ont dit leur admiration pour l’œuvre.

4/ Jules : « La Comédie d’automne », Jean Rouaud Dans ce livre, une chronique douce- amer, Rouaud revient en détail avec un humour atypique et une ironie piquante sur la publication de son premier roman qui contre toute attente de son éditeur rafle en 1990 le Prix Goncourt Les Champs d’honneur. Ceci alors qu’il n’était qu’un modeste kiosquier, issu d’un milieu populaire, n’ayant rien de l’aura d’une plume germano-pratine. Pour Jean Roubaud c’est un prix prestigieux qui ne récompense pas toujours les talents scripturaux de l’auteur, mais qui est surtout une bataille économique, une compétition de pouvoir, de rivalité entre éditeurs les plus puissants. La Comédie d’automne est un témoignage intéressant, émouvant, drôle, qui relate le parcours de Rouaud qui en dit plus sur les coulisses du monde de l’Édition, qui dénonce notre société de consommation. Une belle référence pour ceux qui aiment la « vraie » littérature.

5/ Isabelle : « Le 4ème mur », Sorj Chalandon Ce roman auto fictionnel retrace des évènements que S.Chalandon n’a pas pu écrire en tant que reporter quand il couvrait la guerre du Liban et qu’il traduit longtemps après sous forme de roman. C’est une histoire qui raconte l’amitié entre Georges, (Sorj) metteur en scène et Samuel, un grec pacifiste, atteint d’un cancer. Ce qui va les lie c’est l’amour du théâtre. Ils doivent adapter pour une seule représentation Antigone de Jean Anouilh. Une trêve fragile, chimérique lors d’une journée à Beyrouth meurtrie en pleine guerre du Liban, en 1982, avec des comédiens issus de chaque camp belligérant impliqué dans le conflit. C’est un livre qui révèle un peu plus la complexité du conflit israélo-palestinien, de toutes les guerres d’ailleurs. C’est une ode à la fraternité, à l’espoir, au désespoir aussi et à l’amour. Le titre ? Le « quatrième mur » est un terme qui désigne, au théâtre, le « mur » invisible que construit inconsciemment l'acteur qui joue entre la scène et le public, et qui le protège. L’'acteur brise ainsi le quatrième mur et l'illusion théâtrale lorsqu'il s'adresse au public.

6/ Claude : « Ouragans tropicaux », Leonardo Padura L.Padura est un journaliste, scénariste et écrivain devenu citoyen espagnol, vivant à Cuba, lieu de vie qui lui est indispensable pour pouvoir écrire. L’histoire se passe en 2016. La Havane reçoit le président Barack Obama, les Rolling Stones et accessoirement… un défilé Chanel. C’est beaucoup d’un coup pour la capitale surexcitée qui va être prise d’assaut par les touristes. Mario Conde, personnage récurrent d’autres romans de Padura (dix enquêtes!) est un flic à la retraite, sceptique et ironique. Il pense que, comme tous les ouragans tropicaux qui traversent périodiquement l’île, ce déferlement va s’en aller sans que rien n’ait changé, juste quelques « poussières dans le vent ». Pourtant, la police débordée par ces évènements va faire appel à ses compétences pour qu’il participe à la résolution d’un meurtre, celui d’un haut fonctionnaire œuvrant dans le monde de la culture, un des « salopards » des plus corrompus du pays. Parallèlement Condé a entrepris d’écrire sur les évènements survenus en l’an 1910, année de la comète Halley et sur Alberto Yarini, un fils de bonne famille tenancier de bordel prêt à devenir président de la toute nouvelle République de Cuba. Les liens, les similitudes entre passé et présent se croisent, s’entrecroisent, et comme sur un miroir se réfléchissent. Tout renvoie à l’histoire complexe de Cuba. C’est un vrai roman policier, complexe, plein d’humour et de mélancolie.

7/ Marlies : « Ce que je sais de toi » , Eric Chacour Écris à la deuxième personne du singulière Ce que je sais de toi est comme une longue lettre qui nous fait découvrir le Caire des années 1970-80. Tarek, jeune médecin, vient de reprendre le cabinet médical de son père, médecin. Il a un destin tout tracé. Il partage son existence entre un métier prenant et passionnant et le quotidien familial où se côtoient une discrète femme aimante, une matriarche autoritaire follement éprise de la France, une sœur confidente et la domestique, gardienne des secrets familiaux. L’ouverture par Tarek d’un dispensaire dans le quartier défavorisé du Moqattam lui offre une bouffée d’oxygène et une reconnexion nécessaire au sens de son travail. Jusqu’au jour où une surprenante amitié naît entre lui et un habitant du lieu, Ali, qu’il va prendre sous son aile. Un vent de liberté ne tarde pas à ébranler les certitudes de Tarek et bouleverse sa vie. La critique littéraire est dithyrambique, : écriture subtile, sensible, pudique, éblouissante…, les ventes confirment et confirmeront largement ces appréciations. Le bandeau du livre indique que c’est « Un premier roman impressionnant de maîtrise et d’émotion ». Pour Augustin Trapenard ( La Grande Librairie) c’est une révélation. Ce que confirme Marlies.

8/ Michèle : « Cyrano de Bergerac », Edmond Rostand Michèle très en forme nous exprime un billet d’humeur très drôle et très animé autour de sa relecture de Cyrano de Bergerac. Nous citons intégralement : « On peut avoir des pulsions alimentaires irréfragables, liées souvent à une carence spécifique, qu’elles soient déficiences en vitamines, en nutriment minéral, ou autres. Il m’est arrivé récemment après être restée plusieurs jours sans rien pouvoir avaler, d’avoir eu la même sensation avec le besoin de lire plus substantiellement. Une grande envie de me nourrir de belle littérature classique, de vocabulaire riche, de figures de style élégantes et fleuries, de tournures appétissantes… ( Candide, Noces ou Cyrano?) Ce fut Cyrano aux auxèses abondantes, aux métaphores subtiles, aux néologismes joyeux. Je me suis une fois de plus intéressée d’un peu plus près au tableau social de cette France du XVII ème, à la Guerre de Trente ans, au siège d’Arras (acte 4) , et surtout au personnage éponyme qui a inspiré ce héros de théâtre, Savinien de Bergerac. Celui-ci n’avait rien de Gascon, poète, polémiste, philosophe, homme d’armes. Je me suis intéressée aussi au Trio amoureux formé par Roxanne, Christian et Cyrano en notant, ce que je n’avais jamais perçu avant, un possible duo amoureux entre Christian et Cyrano. J’ai pensé après coup, mon estomac rétif revenant enfin à la raison, que cette lecture fut aussi inspirée par une fringale trouvant sa source au souvenir des succulents mets cuisinés avec tant de poésie par Ragueneau : roinsoles , tartelettes amandines, darioles , et bien autres gourmandises salées ou sucrées alléchantes, tout autant que les rafraîchissements appétants proposés au premier acte à l ’Hôtel de Bourgogne : eau de framboise, aigre de cèdre, citronnée… »

9/ Miguel : « J’accuse l’URSSAF… ! », Philippe Pascal Dans ce livre, l’auteur, qui fut inspecteur à l’URSSAF de Vaucluse, secrétaire du CODAF ( comité opérationnel anti-fraude départemental) raconte ces sept longues années de procédures, de doutes, de menaces, d’humiliation, d’agressions, physiques et verbales, de combat épuisant , de résistance contre sa hiérarchie alors qu’il ne faisait que son métier celui d’instruire une affaire de travail « au noir » au cœur de laquelle était impliqué un notable vauclusien qui s’était vu notifier un redressement important lié à du travail dissimulé. Il raconte en détail la genèse de cette histoire, les trahisons vécues mais aussi les appuis amicaux qui l’aidèrent à tenir bon malgré cette terrible épreuve, celle « du pot de terre contre le pot de fer » Pourtant en citant Albert Camus « Et vivre, ce n’est pas se résigner, Noces » Philippe Pascal confirme que malgré cette terrible épreuve, il a pu et su faire son « métier d’homme » (toujours Camus qu’il affectionne) , avec conviction, en gardant, quoiqu’il en coûte la tête haute. Un témoignage édifiant et émouvant.

10/ José : « Love, Histoire d’un sentiment », Barbara H. Rosenwein «L'histoire de l'amour, comme l'amour lui-même, ne cesse d'obéir à un processus de mutation, de fabrication et de réélaboration de nouveaux fantasmes. B. H. R. » Barbara Rosenwein, historienne médiéviste américaine, explore et retrace l'histoire passionnante des différentes représentations que les hommes et les femmes ont pu se faire des relations amoureuses au cours de l'histoire de l'Occident. Cinq chapitres qui traitent du même sujet, sous des angles très différents. L’ambition de l'autrice est de «comprendre comment nous pensons l'amour aujourd'hui et comment il était pensé dans le passé», en restituant non pas tant ce que les amoureux ont pu dire de leur propre état, que «les fictions qui servent si souvent d'échafaudage aux fantasmes amoureux que nous élaborons et auxquels nous nous accrochons». Dans le premier chapitre, Barbara Rosenwein explore la fantaisie de l’amour comme accord parfait de cœur et d’esprit, l’amour comme « recherche de l’âme sœur ». Le deuxième chapitre est consacré à la transcendance amoureuse. Le troisième chapitre aborde l’amour comme obligation et non plus comme liberté. Les quatrième et le cinquième chapitres traitent des formes obsessionnelles et instables de l’amour. José a exposé tout cela avec passion donnant envie de lire ce beau livre de 300 pages, abondamment illustré… peut être à retrouver, prochainement au pied du sapin ! Faites connaître autour de vous ces soirées de la librairie La Mémoire du Monde. C’est ouvert à tous !


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